La Femip (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat), un instrument de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour la région Euro-Méditerranée, a signé hier à l'hôtel Sofitel d'Alger son premier contrat pour un prêt participatif d'une valeur de trois millions d'euros au profit de la Nouvelle Conserverie de Rouiba.
La cérémonie de signature du contrat a eu lieu en présence du vice-président de la BEI, M. Philippe de Fontaine Vive, ainsi que de M. Slim Othmani, directeur général de la Nouvelle Conserverie Algérienne de Rouiba, une PME familiale créée il y a de cela 40 ans. C'est le premier investissement que lance la BEI dans notre pays, alors que son investissement dans la région euro-méditerranéenne s'élève à quelque 6 milliards d'euros.
Pourquoi le choix s'est porté sur la BEI, au moment où les banques publiques algériennes offrent une panoplie de services, de surcroît quand il s'agit d'une entreprise très performante à l'image de la Conserverie de Rouiba, célèbre pour ses jus de fruit ? Pour le directeur général de la Conserverie Algérienne, l'un des aspects qui l'a poussé à faire affaire avec la BEI c'est d'abord parce que le prêt accordé par cette banque s'étale sur une durée de 8 années, ce qui n'est pas le cas pour les banques locales. L'un des avantages qu'offre également cette institution financière présente surtout au Maroc, c'est le temps relativement court pour le traitement du dossier et de l'octroi d'un prêt. Selon M. Othmani, «la mise au point du crédit a été très rapide».
Mieux, le vice-président de la BEI affirmera que c'est la première fois que la banque qu'il représente accorde un prêt dont le taux d'intérêt dépendra de la réussite de l'entreprise. «C'est une expérience pilote», se félicite Philippe de Fontaine Vive qui estime que de grandes perspectives s'offrent aujourd'hui en Algérie dans le secteur privé qu'il faudrait, dit-il, absolument développer. Le responsable de la BEI qui déclare ne pas venir en Algérie pour remplacer les banques qui existent déjà, soulignera cependant que la vision à long terme de la Femip est de soutenir le secteur privé, notamment la croissance des PME par la promotion de produits financiers innovants.
«Cet investissement s'inscrit dans la stratégie de la Femip qui vise à stimuler le secteur privé dans les pays partenaires de la Méditerranée», souligne-t-on du côté de la BEI en indiquant que la priorité est donnée au soutien aux entreprises locales de petite et moyenne dimension, en particulier par l'utilisation de produits financiers adaptés aux besoins du marché, notamment des produits de capital investissement (fonds propres ou quasi fonds propres) qui constituent, selon la BEI, un des éléments stratégiques du développement des PME.
En lançant cet investissement avec la Conserverie de Rouiba, la Banque européenne ambitionne, explique Philippe de Fontaine Vive, de démontrer aux investisseurs étrangers la viabilité et le potentiel du secteur du capital investissement en Algérie, tant «au travers d'opérations directes avec les PME algériennes soucieuses de développer leurs activités et d'ouvrir leur capital qu'au travers de fonds de capital d'investissement». «Je suis convaincu que le potentiel privé est énorme en Algérie», a déclaré le vice-président de la BEI, qui n'a pas caché sa sympathie pour le projet d'union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy. Enfin, le patron de la Conserverie de Rouiba table dans son plan de développement sur la création de 250 emplois permanents une fois l'outil de production modernisé grâce au prêt de la BEI dont le taux d'intérêt du prêt accordé varie de 7 à 14%.
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